Repères techniques et réglementaires · juillet 2026 · fiche CEE AGRI-EQ-110
Le thym et le romarin sont des PPAM emblématiques du sud, où la couleur et les huiles essentielles décident du prix. Deux qualités fragiles : la chlorophylle brunit à la chaleur, les composés aromatiques sont volatils. C'est exactement pour cela qu'un séchage lent et maîtrisé vaut mieux qu'un passage rapide au four.
01Couleur et huiles essentielles : deux fragilités
Sur le thym, le romarin, la sarriette ou l'origan, l'acheteur juge d'abord la couleur — un vert franc, pas un brun-olive — puis l'arôme, porté par les huiles essentielles. Ces deux critères reposent sur des molécules fragiles.
- La couleur. Le vert vient de la chlorophylle. Sous une chaleur excessive, elle se transforme et la teinte vire au brun. Un séchage conduit sous 40 °C ralentit cette dégradation et garde un vert franc.
- Les huiles essentielles. Les arômes du thym (thymol) et du romarin sont portés par des composés volatils : plus l'air est chaud, plus ils s'évaporent en même temps que l'eau. Un séchage trop chaud fait littéralement partir l'arôme dans le séchoir.
- La lumière. Le soleil direct chauffe et éclaire à la fois : il accélère le brunissement et la perte d'arôme. On sèche donc à l'obscurité, avec un air chaud régulé.
Descendre en humidité assez vite pour écarter la moisissure, mais rester assez frais et à l'ombre pour ne pas dégrader la couleur ni chasser les huiles essentielles. Tout l'intérêt du procédé est là : de l'air tempéré (25–40 °C), en mouvement continu, dans l'obscurité.
02Le procédé doux, étape par étape
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1
Récolte et mise sur claies
Les branches sont disposées en couche régulière sur claies ventilées, sans tasser, pour que l'air circule uniformément. Une charge régulière donne un séchage homogène.
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2
Air chaud régulé, 25–40 °C
La chaleur solaire captée en toiture est transférée à l'air soufflé, maintenu en basse température. Pas de choc thermique : les huiles essentielles restent dans la feuille.
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3
Diffusion à l'obscurité
L'air traverse les claies à l'abri de la lumière — la condition pour garder le vert franc et retenir l'arôme.
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4
Descente suivie en points d'humidité
On suit la perte d'eau jusqu'au palier de matière sèche visé, autour de 10 à 12 %, sans surséchage qui rendrait la feuille poussiéreuse.
03Palier d'humidité, matière sèche et freinte
Sur les aromatiques feuillues, on raisonne en points d'humidité et en matière sèche, pas en heures. L'objectif est une feuille qui s'effeuille bien, se conserve et ne moisit pas — sans la dessécher au point de la rendre cassante et poussiéreuse.
On vise en général autour de 10 à 12 % d'humidité, avec une freinte de l'ordre de 4 à 5 kg de frais pour 1 kg de sec — un peu moins que sur les herbes tendres, du fait de la part de tige. On ne cherche pas la vitesse mais la régularité de la descente, à basse température et à l'obscurité.
Repères indicatifs, variables selon la variété, la maturité, la part de tige et la configuration du séchoir (DGCCRF).
04Repères techniques (kit de référence)
Le dimensionnement se raisonne à la surface de séchage couverte : un kit couvre jusqu'à 1 500 m². Une production de PPAM s'installe en général sur 1 à 2 kits selon les volumes, avec un pilotage à distance pour ajuster la conduite sans être en permanence sur place.
Normes & certifications : panneaux hybrides certifiés IEC 61215 & IEC 61730 · puissance thermique mesurée ISO 9806 · marquage CE · indice de protection IP54 · fabrication ISO 9001.
05Où le thym et le romarin solaires ont du sens
Le thym et le romarin sont des cultures méditerranéennes : leur zone de prédilection est aussi celle où l'ensoleillement et le financement sont les plus favorables.
Départements du sud : Pyrénées-Orientales (66), Aude (11), Hérault (34), Gard (30), Bouches-du-Rhône (13), Var (83), Alpes-Maritimes (06) et Corse, ainsi que les DOM. C'est là que la culture des PPAM, l'ensoleillement et le modèle économique se rejoignent le mieux. Plus au nord, l'intérêt se juge culture par culture : une étude au cas par cas reste toujours possible.
06Les objections légitimes du producteur
« Le solaire va cuire mon thym »
C'est l'inverse. Le séchage se conduit à basse température, entre 25 et 40 °C, et à l'obscurité — précisément ce qui préserve la couleur et les huiles essentielles. On ne force jamais le séchage : on reproduit un séchage à l'air libre, en le pilotant.
« Et la nuit, et les jours couverts ? »
On raisonne en points d'humidité, pas en vitesse. La ventilation reste pilotée en continu et la version hybride ajoute un appoint biomasse — au besoin alimenté par les connexes de l'exploitation — pour tenir la conduite quand l'ensoleillement faiblit.
« Ma récolte est hétérogène »
La diffusion sur claies ventilées vise un séchage homogène, et le pilotage à distance permet d'ajuster la conduite au produit et à sa charge en eau. Le réglage se cale sur votre production, pas l'inverse.
07Financement CEE : le second rideau qui dé-risque
Le vrai levier reste la qualité produit et la marge. Le financement vient en preuve de sérieux : la fiche d'opération standardisée AGRI-EQ-110 couvre les séchoirs solaires pour les exploitations agricoles. La prime est calculée au kW thermique installé et peut, selon les configurations et notamment dans les zones sud, couvrir jusqu'à 100 % du coût de l'installation*. Chaque dossier passe un contrôle sur site par un organisme accrédité COFRAC : une obligation du dispositif, et le meilleur filtre contre les offres fantaisistes.
Chiffrez le gain de qualité sur vos aromatiques
Cultures, surface de séchage, surface de toiture, séchoir existant : quelques éléments suffisent pour savoir si votre exploitation remplit les conditions et estimer le dimensionnement.
08Questions fréquentes
Comment sécher le thym et le romarin sans perdre couleur ni arôme ?
En conduisant le séchage à basse température (25 à 40 °C), à l'obscurité et sur claies ventilées. Le vert vient de la chlorophylle, qui brunit à la chaleur ; les arômes sont portés par des huiles essentielles volatiles, qui s'évaporent d'autant plus vite que l'air est chaud. La basse température retire l'eau sans emporter l'arôme ni ternir la couleur.
À quel palier d'humidité sécher le thym et le romarin ?
À titre d'exemple, on vise autour de 10 à 12 % d'humidité sur ces aromatiques feuillues, palier auquel la plante s'effeuille bien, se conserve et ne moisit pas. Ce repère dépend de la variété, de la maturité et de la destination ; il se suit en points d'humidité, sans surséchage.
Quelle freinte attendre ?
De l'ordre de 4 à 5 kg de frais pour 1 kg de sec sur le thym et le romarin, un peu moins que sur les herbes tendres. C'est un repère d'exemple, variable selon la part de tige et l'état de la récolte. On retire l'eau nécessaire à la conservation, sans dessécher au-delà.
Pourquoi sécher à l'obscurité plutôt qu'au soleil direct ?
Le soleil direct chauffe et éclaire en même temps : la chlorophylle brunit et les huiles essentielles se volatilisent plus vite. Sécher à l'abri de la lumière, avec un air chaud régulé, garde un vert franc et retient l'arôme — la différence entre un lot premium et un lot déclassé.
Est-ce adapté au sud de la France ?
Oui, c'est sa zone de prédilection. Le thym et le romarin sont des cultures méditerranéennes (Pyrénées-Orientales, Aude, Hérault, Gard, Bouches-du-Rhône, Var, Alpes-Maritimes, Corse), là où l'ensoleillement est généreux et où le financement CEE est le plus solide.
Voir aussi l'essentiel du séchage solaire des plantes et la page séchage de la lavande et des fleurs. Pour le principe général du séchage solaire, tous usages confondus : le guide de référence sur le séchage solaire.
*Prise en charge jusqu'à 100 % sur l'offre standard, sous conditions d'éligibilité au dispositif CEE (fiche AGRI-EQ-110).